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Arrêt de travail et salaire : ce que doit faire l'employeur (2026)

Mis à jour le 19 octobre 2026 · Par l'équipe purpay

En bref. Pendant un arrêt maladie, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières après 3 jours de carence : 50 % du salaire journalier, 42,97 € brut par jour au plus. Avec au moins 1 an d'ancienneté, l'employeur complète à partir du 8e jour (dès le 1er en accident du travail) pour atteindre 90 % du brut, puis 66,66 %, pendant 30 jours chacun au minimum. L'arrêt se signale en DSN dans les 5 jours ouvrés, sauf subrogation ou absence de retenue sur la paie du mois.

Un salarié vous envoie son arrêt de travail : vous avez une déclaration à faire, une paie à adapter et parfois un complément de salaire à verser. Voici les étapes, les montants 2026 et un exemple chiffré. Ce sont les règles légales : votre convention collective est souvent plus favorable, vérifiez-la.

Vos obligations dès la réception de l’arrêt

Le salarié doit vous transmettre son arrêt dans les 48 heures. Ensuite :

  1. Enregistrez l’arrêt : dates, nature (maladie, accident du travail, maladie professionnelle).
  2. Signalez-le en DSN dans les 5 jours ouvrés : ce signalement remplace l’attestation de salaire et permet à l’Assurance maladie de calculer les indemnités journalières.
  3. Vérifiez votre convention collective : carence, durée et taux du maintien de salaire.
  4. Adaptez la paie du mois : retenue pour absence, complément employeur, subrogation éventuelle.
  5. Signalez la reprise anticipée si le salarié revient avant la date prévue, dans les 5 jours ouvrés. Ce n’est pas nécessaire s’il reprend à la date prévue.

Deux dispenses du délai de 5 jours, selon la charte DSN de net-entreprises : si vous pratiquez la subrogation, ou si aucune retenue n’est faite sur la paie du mois de l’arrêt (absence déduite le mois suivant), le signalement peut partir avec la DSN mensuelle. Les autres échéances sont dans la DSN.

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale

Elles sont versées par l’Assurance maladie, pas par vous, mais elles déterminent votre complément.

Élément Règle 2026
Carence 3 jours, sauf reprise de moins de 48 heures entre deux arrêts ou affection de longue durée
Montant 50 % du salaire journalier de base
Salaire journalier de base Total des 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25
Plafond du salaire retenu 1,4 SMIC, soit 2 613,82 € par mois (arrêts depuis le 1er avril 2025)
Maximum 42,97 € brut par jour
Versement Tous les 14 jours, au salarié, ou à l’employeur en cas de subrogation

Conditions pour le salarié, pour un arrêt de moins de 6 mois : avoir travaillé au moins 150 heures sur les 3 mois civils ou les 90 jours précédents, ou avoir cotisé sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 mois civils précédents. Pour estimer les montants, utilisez le simulateur d’indemnités journalières.

Le maintien de salaire légal

La loi vous oblige à verser un complément si le salarié remplit toutes ces conditions :

  • au moins 1 an d’ancienneté, calculée au premier jour d’absence ;
  • arrêt transmis dans les 48 heures ;
  • assuré social dans un régime qui ouvre droit aux indemnités journalières ;
  • soigné en France ou dans l’Espace économique européen ;
  • pas travailleur à domicile, saisonnier, intermittent ou temporaire.

Le complément commence après 7 jours de carence, au 8e jour d’arrêt, et dès le 1er jour en accident du travail ou maladie professionnelle. Le salarié touche 90 % de la rémunération brute qu’il aurait perçue, puis 66,66 % : vous versez la différence avec les indemnités journalières (et la prévoyance financée par l’employeur, s’il y en a). Le versement effectif des indemnités journalières n’est pas une condition : vous les déduisez même si la CPAM les a réduites.

Ancienneté Jours à 90 % Jours à 66,66 % Durée maximale
1 à 5 ans 30 30 60 jours
6 à 10 ans 40 40 80 jours
11 à 15 ans 50 50 100 jours
16 à 20 ans 60 60 120 jours
21 à 25 ans 70 70 140 jours
26 à 30 ans 80 80 160 jours
31 ans et plus 90 90 180 jours

Ces durées s’apprécient sur 12 mois : les jours déjà indemnisés par vous dans les 12 derniers mois sont déduits. En contrepartie, vous pouvez faire faire une contre-visite médicale. Pour le calcul détaillé, utilisez le calcul du maintien de salaire.

La subrogation

La subrogation est l’opération par laquelle l’employeur se substitue au salarié pour percevoir les indemnités journalières de la Sécurité sociale.

  • Sans subrogation : les indemnités journalières sont versées au salarié. Vous retenez l’absence sur le salaire et vous ne versez que votre complément.
  • Avec subrogation : vous maintenez le salaire et percevez les indemnités à sa place. Pour le salarié, c’est un seul versement sans attendre la CPAM ; pour vous, une avance de trésorerie et un suivi des remboursements.

Votre convention collective peut l’imposer : vérifiez-la avant le premier arrêt, voir la convention collective.

Exemple : combien le salarié perd

Sami, employé à temps plein depuis 3 ans, est payé au SMIC, 1 867,02 € brut par mois. Il est en arrêt maladie 10 jours, son premier depuis un an, et sa convention ne prévoit rien de plus que la loi.

Indemnités journalières : 1 867,02 € × 3 ÷ 91,25 = 61,38 € de salaire journalier, soit 30,69 € par jour. Après 3 jours de carence : 7 × 30,69 € = 214,83 €.

Complément employeur (calcul simplifié sur 30 jours par mois) : 1 867,02 € ÷ 30 = 62,23 € par jour, dont 90 % = 56,01 €. Après 7 jours de carence, 3 jours indemnisés : 3 × (56,01 € − 30,69 €) = 75,96 €.

Sur les 10 jours Montant brut
Salaire qu’il aurait perçu (10 × 62,23 €) 622,30 €
Indemnités journalières 214,83 €
Complément employeur 75,96 €
Perte de revenu brut 331,51 €

L’essentiel de la perte vient des 3 jours sans indemnité et des jours 4 à 7, où seules les indemnités journalières sont versées. La méthode de retenue pour absence (jours calendaires, ouvrés ou heures réelles) change le calcul exact.

Les congés payés pendant l’arrêt

Depuis la loi du 22 avril 2024, un salarié en arrêt pour maladie non professionnelle continue d’acquérir des congés : 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours par période de référence (art. L3141-5-1). À son retour, informez-le de ses droits : les congés qu’il n’a pas pu prendre peuvent être reportés pendant 15 mois à partir de cette information. Voir les congés payés en arrêt maladie.

Après un arrêt long, pensez aussi à la visite de reprise.

Erreurs fréquentes

  • Oublier le signalement DSN dans les 5 jours, alors que vous retenez l’absence sur la paie du mois.
  • Verser le complément dès le 1er jour d’un arrêt maladie ordinaire, ou l’oublier dès le 1er jour d’un accident du travail.
  • Ne pas déduire les arrêts des 12 derniers mois pour la durée du maintien.
  • Ne plus faire acquérir de congés pendant l’arrêt.
  • Ignorer la convention collective, qui supprime souvent la carence ou maintient 100 % du salaire.

Avec purpay

Vous envoyez la photo de l’arrêt par WhatsApp ou par e-mail. purpay prépare le signalement DSN, que l’équipe purpay dépose après votre validation, et le bulletin du mois : retenue, maintien de salaire légal calculé par son moteur de règles, congés acquis pendant l’arrêt. Un maintien plus favorable prévu par votre convention n’est pas calculé : indiquez-lui son montant. La subrogation n’est pas gérée : les indemnités journalières restent versées au salarié par la CPAM. Rien n’est envoyé sans votre validation. Voyez comment ça marche.

Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.

Questions fréquentes

L'employeur doit-il payer le salaire pendant un arrêt maladie ?

Pas en totalité. Si le salarié a au moins 1 an d'ancienneté et remplit les autres conditions, vous complétez les indemnités journalières pour atteindre 90 %, puis 66,66 % du brut. Votre convention collective peut prévoir mieux.

Arrêt maladie : l'employeur ne paie pas, est-ce normal ?

Souvent, oui : pendant les 7 premiers jours, et quand le salarié a moins d'un an d'ancienneté, la loi n'impose aucun complément. Seules les indemnités journalières sont versées, par l'Assurance maladie, sauf convention collective plus favorable ou subrogation.

Combien de jours de carence pour un arrêt maladie ?

3 jours pour les indemnités journalières de la Sécurité sociale, et 7 jours pour le complément légal de l'employeur. En accident du travail ou maladie professionnelle, le complément employeur commence dès le 1er jour.

Quel délai pour déclarer un arrêt maladie en DSN ?

5 jours ouvrés après l'événement. Si vous pratiquez la subrogation, ou si vous ne faites aucune retenue sur la paie du mois de l'arrêt, le signalement peut partir avec la DSN mensuelle.

Un salarié en arrêt maladie acquiert-il des congés payés ?

Oui. Pendant un arrêt pour maladie non professionnelle, il acquiert 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours par période de référence.

L'employeur peut-il contrôler un salarié en arrêt maladie ?

Oui. En contrepartie du complément de salaire qu'il verse, l'employeur peut faire procéder à une contre-visite médicale.

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