ÉCLAT est le nouveau nom de la convention collective de l’animation : convention collective nationale des métiers de l’éducation, de la culture, des loisirs et de l’animation agissant pour l’utilité sociale et environnementale, au service des territoires, IDCC 1518. Elle est étendue, donc obligatoire pour toutes les structures de son champ. Son mode de calcul du salaire, avec deux valeurs de point, surprend souvent les nouveaux employeurs.
Qui est concerné ?
Les organisations privées à but non lucratif dont l’activité principale est l’éducation, la culture, les loisirs ou l’animation, en particulier (article 1.1) :
- l’enseignement de loisir : écoles associatives de musique, de danse, d’arts plastiques, de théâtre ;
- les accueils de loisirs, séjours de vacances, classes de découverte, accueils périscolaires et soutien scolaire ;
- les MJC, maisons pour tous, maisons de quartier, foyers ruraux ;
- les bibliothèques, ludothèques, médiathèques et musées associatifs ;
- les auberges de jeunesse et centres internationaux de séjour ;
- l’éducation à l’environnement : CPIE, maisons de la nature, fermes pédagogiques ;
- le scoutisme, l’information jeunesse et les fédérations de ces réseaux.
Depuis l’accord du 9 février 2023, le champ inclut aussi les associations Familles rurales (IDCC 1031) et les structures de pêche de loisir (IDCC 3203). Pendant 5 ans, leurs propres textes continuent de s’appliquer sur les sujets non harmonisés. ÉCLAT ne couvre pas le sport, les missions locales, les centres sociaux et structures du lien social et familial, ni l’aide à domicile, qui ont leurs conventions.
Calcul du salaire : V1 et V2
Chaque salarié est classé dans un groupe (A à K) avec un coefficient. Le salaire conventionnel combine deux valeurs de point (annexe 1, article 1.7.1.2) :
Salaire brut = 257 × V1 + (coefficient − 257) × V2
Depuis le 1er janvier 2026 (avenant n° 208 du 23 juin 2025), V1 = 7,23 € et V2 = 6,81 €. Minima bruts mensuels pour 35 h :
| Groupe | Coefficient | Minimum 2026 |
|---|---|---|
| A | 257 | 1 858,11 €, donc SMIC 1 867,02 € |
| B | 265 | 1 912,59 € |
| C | 285 | 2 048,79 € |
| D | 305 | 2 184,99 € |
| E | 325 | 2 321,19 € |
| F | 350 | 2 491,44 € |
| G (cadre) | 375 | 2 661,69 € |
| H (cadre) | 400 | 2 831,94 € |
| I (cadre) | 450 | 3 172,44 € |
| J (cadre) | 500 | 3 512,94 € |
Le groupe K (cadres dirigeants) n’a pas de minimum défini. À temps partiel, le minimum se proratise : un salarié du groupe B à 30 h par semaine doit toucher au moins 1 912,59 × 30 ÷ 35 = 1 639,36 €. Pour le groupe A, appliquez le SMIC 2026.
Les animateurs techniciens et professeurs, dont l’activité suit souvent le rythme scolaire, relèvent d’une grille spécifique (article 1.4 de l’annexe 1), avec des heures de préparation prévues depuis l’avenant n° 46 de 1998 : ne les classez pas dans la grille générale. Pour les salariés de la grille générale qui font du face à face éducatif, l’avenant n° 196 impose de reconnaître un temps de préparation dans le temps de travail.
Ancienneté et indemnités
Points d’ancienneté (annexe 1, article 1.7.2, réécrit par l’avenant n° 210) : 2 points après 12 mois de travail effectif ou assimilé, puis 2 points de plus après chaque période de 12 mois. Ils sont payés à la valeur V1, soit 14,46 € par tranche de 2 points en 2026. Un CDD suivi immédiatement d’un CDI compte dès son premier jour. À temps partiel, le salarié acquiert autant de points, mais leur paiement est proratisé.
Indemnité liée au contexte de l’emploi : un salarié qui exerce une partie de son temps une activité d’un groupe supérieur touche la moitié de l’écart de salaire (moins de 20 % du temps) ou tout l’écart (plus de 20 %, à titre temporaire). Une fonction accessoire du même groupe, pour au moins 20 % du temps, vaut au moins 2 % du coefficient.
Temps de travail, dimanche et jours fériés
- Heures supplémentaires : +25 % de la 36e à la 43e heure, +50 % au-delà, avec un contingent de 70 heures par an seulement (contre 220 heures dans la loi). Voir heures supplémentaires.
- Repos : chaque salarié doit normalement avoir 2 jours de repos consécutifs.
- Dimanche ou jour de repos travaillé, jour férié travaillé : récupération d’une durée égale majorée de 50 %, ou paiement des heures majorées de 50 %. Ces contreparties remplacent celles des heures supplémentaires. Dès 24 heures de récupération acquises, elles se prennent dans le mois civil suivant, sinon elles sont payées.
Arrêt maladie : maintien plus généreux que la loi
Dès 6 mois d’ancienneté (aucune condition en cas d’accident du travail, de trajet ou de maladie professionnelle), le salarié garde son salaire net, sous déduction des indemnités journalières :
- maladie : du 4e au 90e jour d’arrêt ;
- accident du travail, de trajet ou maladie professionnelle : dès le 1er jour et pendant 6 mois.
Le maintien démarre dès le 1er jour, sans carence, si le salarié a plus de 50 ans, en cas d’hospitalisation, pour un arrêt de plus de 15 jours, ou pour le premier arrêt court de l’année (les deux premiers après 5 ans d’ancienneté). Les durées s’apprécient sur 12 mois glissants. Voir arrêt maladie : ce que doit faire l’employeur.
Embauche et rupture
| Employés | Techniciens, agents de maîtrise, animateurs techniciens et professeurs | Cadres | |
|---|---|---|---|
| Période d’essai (renouvelable une fois) | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
| Préavis de démission | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
| Préavis de licenciement | 1 mois, 2 mois après 2 ans | 2 mois | 3 mois |
Indemnité de licenciement : 1/4 de mois par année, 1/3 à partir de la 11e année, dès 8 mois d’ancienneté, comme la loi. Départ volontaire à la retraite : la convention verse la même indemnité que pour un licenciement, bien plus que l’indemnité légale de départ. Utilisez notre calculateur d’indemnité de licenciement.
Erreurs fréquentes
- Multiplier tout le coefficient par une seule valeur de point.
- Payer les points d’ancienneté à V2 au lieu de V1.
- Oublier que le contingent d’heures supplémentaires n’est que de 70 heures.
- Appliquer la carence légale de 7 jours au lieu du maintien conventionnel dès le 4e jour.
Sources officielles
- Code du travail numérique : convention collective ÉCLAT (IDCC 1518)
- Code du travail numérique : salaire minimum ÉCLAT
- Code du travail numérique : prime d'ancienneté ÉCLAT
- Code du travail numérique : maintien de salaire ÉCLAT
- Code du travail numérique : travail du dimanche ÉCLAT
- Code du travail numérique : préavis de licenciement ÉCLAT
- Code du travail numérique : heures supplémentaires ÉCLAT
- Légifrance (base KALI) : convention ÉCLAT, avenants n° 200, 208 et 210, accord de fusion du 9 février 2023
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.