Le coût d’une rupture conventionnelle ne se limite pas à l’indemnité versée au salarié. L’employeur paie aussi une contribution spécifique, passée de 30 % à 40 % au 1er janvier 2026 avec la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Voici chaque poste de dépense, le régime social et fiscal, un exemple chiffré et la comparaison avec un licenciement.
Ce que paie l’employeur
| Poste | Règle | Cotisations sociales ? |
|---|---|---|
| Indemnité spécifique de rupture | Au moins l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, quelle que soit l’ancienneté | Exonérée dans certaines limites |
| Contribution patronale | 40 % de la part de l’indemnité exonérée de cotisations | C’est une contribution à part |
| Cotisations sur l’excédent | Si l’indemnité dépasse les limites d’exonération | Oui, sur la part qui dépasse |
| Dernier salaire et primes dues | Jusqu’à la date de fin du contrat | Oui, comme un salaire |
| Congés payés non pris | Indemnité compensatrice | Oui, comme un salaire |
| Préavis | Aucun : la date de fin est fixée dans la convention | Sans objet |
L’indemnité minimale se calcule comme l’indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 1/3 au-delà. Si votre convention collective, le contrat ou un usage prévoit plus, c’est ce montant qui sert de minimum. Le détail du calcul est dans notre guide sur l’indemnité de licenciement ; pour un chiffrage direct, utilisez le simulateur de rupture conventionnelle.
La contribution patronale de 40 %
La contribution patronale spécifique est versée par l’employeur au profit de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. Trois points à retenir :
- Le taux : 40 % depuis le 1er janvier 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Il était de 30 % depuis septembre 2023.
- Les ruptures visées : celles dont le contrat prend fin après le 1er janvier 2026, même si la convention a été signée en 2025.
- L’assiette : la part de l’indemnité exclue de l’assiette des cotisations sociales. Une indemnité au minimum légal est en général entièrement exonérée : la contribution porte alors sur tout son montant.
Le même taux de 40 % s’applique aux indemnités de mise à la retraite. Un licenciement, lui, ne donne pas lieu à cette contribution.
Cotisations, CSG et impôt : ce qui est exonéré
Les limites ci-dessous viennent de service-public (montants 2026). Le « minimum » désigne l’indemnité prévue par la loi, la convention collective ou un accord professionnel.
| Prélèvement | Part exonérée | Au-delà |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | Le minimum en totalité ; au-dessus, dans la limite de 2 fois la rémunération annuelle brute de l’année précédente ou de la moitié de l’indemnité, sans dépasser 96 120 € | Soumis à cotisations ; tout est soumis si l’indemnité dépasse 480 600 € |
| CSG et CRDS | Le plus petit de deux montants : le minimum, ou la part exonérée de cotisations | Soumis à CSG et CRDS, retenues sur la part du salarié |
| Impôt sur le revenu (salarié) | Le minimum en totalité ; au-dessus, 2 fois la rémunération annuelle brute ou la moitié de l’indemnité, au plus 288 360 € | Imposable |
Si le salarié peut bénéficier d’une pension de retraite d’un régime obligatoire au jour de la rupture, l’indemnité est imposable dès le premier euro. Le régime social change aussi dans ce cas : faites vérifier le calcul avant de signer.
Exemple chiffré
Une salariée quitte l’entreprise après 6 ans d’ancienneté à la date de fin du contrat. Son salaire de référence est de 2 500 € brut par mois et sa rémunération brute de l’année précédente de 30 000 €. La convention collective ne prévoit pas mieux que la loi.
- Indemnité minimale : 2 500 × 1/4 × 6 = 3 750 €.
- Indemnité négociée : 6 000 €. Elle reste sous 2 fois 30 000 € et sous 96 120 € : elle est entièrement exonérée de cotisations.
- Contribution patronale : 6 000 × 40 % = 2 400 €.
- CSG et CRDS : elles portent sur 6 000 − 3 750 = 2 250 €, la part au-dessus du minimum. Comme sur un salaire, elles sont déduites de l’indemnité de la salariée : ce n’est pas un coût en plus pour l’employeur.
| Indemnité au minimum | Indemnité négociée | |
|---|---|---|
| Indemnité versée | 3 750 € | 6 000 € |
| Contribution patronale (40 %) | 1 500 € | 2 400 € |
| Coût de l’indemnité pour l’employeur | 5 250 € | 8 400 € |
S’y ajoutent le salaire jusqu’à la date de fin et l’indemnité de congés payés non pris, chargés comme un salaire. Avec l’ancien taux de 30 %, l’indemnité négociée aurait coûté 7 800 € : la hausse représente 600 € dans cet exemple.
Rupture conventionnelle ou licenciement : comparer les coûts
| Rupture conventionnelle | Licenciement (hors faute grave) | |
|---|---|---|
| Indemnité minimale | Indemnité légale ou conventionnelle, quelle que soit l’ancienneté | Indemnité légale à partir de 8 mois d’ancienneté |
| Contribution de 40 % | Oui | Non |
| Préavis | Aucun | 1 mois de 6 mois à 2 ans d’ancienneté, 2 mois au-delà (sauf règle plus favorable), travaillé ou payé |
| Accord du salarié | Indispensable | Non, mais un motif réel et sérieux et une procédure stricte |
| Délai | Environ 5 semaines après la signature | Convocation, entretien, lettre, puis préavis |
Sur le papier, un licenciement évite la contribution, mais il coûte un préavis et expose à une contestation sur le motif. La rupture conventionnelle ne doit pas non plus servir à contourner un licenciement économique (par exemple pour éviter la recherche de reclassement) : la DDETS ou le juge peuvent la remettre en cause.
Les erreurs qui coûtent cher
- Budgéter avec l’ancien taux de 30 % pour une rupture qui se termine en 2026.
- Appliquer la contribution à la mauvaise base : elle vise la part exonérée de cotisations, pas la part soumise.
- Oublier la convention collective, dont l’indemnité peut dépasser le minimum légal ; une indemnité trop basse est un motif de refus d’homologation.
- Oublier les congés payés non pris dans le dernier bulletin et le solde de tout compte.
- Ne pas vérifier les droits à la retraite du salarié : l’imposition change complètement.
- Fixer une date de fin trop proche : elle doit tomber au plus tôt le lendemain de l’homologation. Vérifiez-la avec le calendrier de rupture conventionnelle.
Avec purpay
Avec l’accompagnement rupture conventionnelle (option payante), purpay calcule l’indemnité minimale à partir de vos bulletins, chiffre la contribution patronale au taux en vigueur et vous montre le coût total avant que vous ne signiez. Les montants viennent d’un moteur de règles, pas de l’IA. purpay prépare ensuite la convention et les informations à saisir sur TéléRC, le dernier bulletin et le solde de tout compte ; vous validez chaque envoi.
Sources officielles
- Service-public : Comment calculer l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ? (régime social et fiscal, contribution de 40 %)
- Entreprendre Service-public : Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé
- Service-public : Indemnité de licenciement du salarié en CDI
- Service-public : Cotisations salariales (CSG et CRDS déduites du brut)
- Code du travail, article L1237-13 (indemnité spécifique)
- Code du travail, article L1234-1 (préavis de licenciement)
- Code du travail, article L1234-9 (indemnité de licenciement)
- Urssaf : Rupture conventionnelle
- Éditions Tissot : LFSS 2026, les mesures entrées en vigueur au 1er janvier
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.