Un camping embauche beaucoup de saisonniers, pour des postes très différents : accueil, ménage, entretien, bar, animation, surveillance de piscine. Tous relèvent de la convention collective nationale de l’hôtellerie de plein air du 2 juin 1993, IDCC 1631, qui encadre surtout la saison : durée des contrats, reconduction d’une année sur l’autre, ancienneté cumulée.
Qui est concerné ?
La convention (article 1.1) s’applique, en métropole et dans les DOM, aux employeurs et salariés :
- des terrains de camping et de caravaning et des parcs résidentiels de loisirs ;
- des campings municipaux gérés ou concédés de façon autonome ;
- des commerces, bars, restaurations et services d’animation exploités par le camping, s’ils restent annexes à l’activité principale.
Sont exclus les personnels des organismes de tourisme social et familial sans but lucratif, qui ont leur propre convention. Un hôtel ou un restaurant indépendant relève de la convention HCR.
Grille des salaires 2026
Le salaire minimum se calcule ainsi (article 8.1 et avenant n° 47 du 28 janvier 2026, applicable depuis le 1er mai 2026) :
Salaire minimum = 1 858,92 € + (coefficient − 100) × 5,63 €, pour 151,67 heures.
| Coefficient | Minimum mensuel brut |
|---|---|
| 100 | 1 858,92 €, donc SMIC 1 867,02 € |
| 105 | 1 887,07 € |
| 110 | 1 915,22 € |
| 120 | 1 971,52 € |
| 130 | 2 027,82 € |
| 150 | 2 140,42 € |
| 200 | 2 421,92 € |
| 300 | 2 984,92 € |
| 400 | 3 547,92 € |
| 500 | 4 110,92 € |
| 700 | 5 236,92 € |
La grille de classification a été révisée par l’accord du 22 mai 2025 : 6 catégories d’emplois, des emplois repères par domaine (accueil, technique et entretien, loisirs…) et des coefficients minima à l’embauche. Classez selon l’emploi réellement occupé. Le coefficient 100 restant sous le SMIC 2026, un salarié à ce coefficient doit toucher au moins 1 867,02 €.
Le travail saisonnier
Durée de la saison (article 6.1) : pour un camping fermé une partie de l’année, la saison couvre l’ouverture au public, la préparation et la fermeture, dans la limite de 8 mois. Pour un camping ouvert toute l’année, c’est la période de pointe qui revient chaque année. Les CDD saisonniers durent 8 mois au plus, renouvellements compris. Un emploi permanent se pourvoit en CDI.
Reconduction d’une saison à l’autre (article 3.2.2) :
- En fin de contrat, à la demande écrite du saisonnier, l’employeur indique par écrit s’il compte le reprendre la saison suivante et à quelle date, ou motive son refus.
- Au plus tard 3 mois avant cette date, le salarié confirme par écrit.
- L’employeur envoie le contrat dans les 15 jours.
- Le salarié le renvoie signé au plus tard 2 mois avant la reprise ; sans réponse, il renonce.
L’employeur doit informer ses saisonniers de cette procédure par un moyen daté, par exemple une clause du contrat.
Ancienneté et essai : les contrats saisonniers successifs dans la même entreprise se cumulent pour l’ancienneté. Dès le 2e contrat saisonnier sur le même poste, aucune période d’essai n’est possible. Un saisonnier qui cumule au moins 3 mois d’ancienneté garde son salaire quand un jour férié est chômé. La prévoyance de branche (indemnités journalières, rentes) s’ouvre après 6 mois d’ancienneté dans la branche, sans condition en cas d’accident du travail.
Temps de travail et congés
- Contingent d’heures supplémentaires : 180 heures par an (article 6.2.2).
- Repos de 11 heures consécutives entre deux journées.
- L’article 6.2.1 de 1993 évoque encore 39 heures et des équivalences pour certains postes (cuisine, accueil, surveillance) ; la durée du travail relève aussi de l’accord ARTT du 21 mai 2000. Faites vérifier ces règles avant de les appliquer.
- Congés : 2 jours de plus si les congés sont décalés hors du 1er juin au 30 septembre. Les cadres au forfait et les « hommes et femmes toutes mains » ont 3 jours de congé supplémentaires par an.
Voir aussi heures supplémentaires.
Période d’essai, préavis, indemnités
Période d’essai en CDI (article 5.1), à prévoir au contrat :
| Catégorie | Durée initiale | Maximum avec renouvellement |
|---|---|---|
| Employés, catégories 1 et 2 | 1 mois | 2 mois |
| Employés, catégorie 3 | 2 mois | 4 mois |
| Agents de maîtrise, catégorie 4 | 3 mois | 6 mois |
| Cadres non dirigeants, catégorie 5 | 4 mois | 8 mois |
Le renouvellement est exceptionnel, écrit et motivé, signé par le salarié, avec un délai de prévenance de 2 semaines avant la fin de la période initiale.
Préavis de licenciement (article 5.2.2) :
| Ancienneté | Cat. 1 et 2 | Cat. 3 | Cat. 4 | Cat. 5 |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 6 mois | 8 jours | 15 jours | 3 semaines | 1 mois |
| 6 mois à 2 ans | 1 mois | 2 mois | 2 mois et 15 jours | 3 mois |
| Plus de 2 ans | 2 mois | 3 mois | 3 mois | 3 mois |
En cas de démission, les durées sont plus courtes : par exemple 15 jours puis 1 mois pour les catégories 1 et 2.
Indemnité de licenciement : la convention prévoit 1/10 de mois par année après 2 ans, moins que la loi. Versez l’indemnité légale : 1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans, 1/3 au-delà, dès 8 mois d’ancienneté. Pour un départ ou une mise à la retraite, la convention renvoie aux indemnités légales.
Fin de CDD saisonnier : en principe, pas de prime de précarité à la fin d’un contrat saisonnier, sauf si la convention collective la prévoit ; voir prime de précarité.
Sources officielles
- Code du travail numérique : convention collective de l'hôtellerie de plein air (IDCC 1631)
- Légifrance (base KALI) : convention du 2 juin 1993 (articles 1.1, 3.2, 5.1 à 5.4, 6.1, 6.2, 6.4, 8.1) et avenant n° 47 du 28 janvier 2026
- Service-public : SMIC
- Service-public : indemnité légale de licenciement
- Service-public : prime de précarité (contrat saisonnier)
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.