Terrasse d’été, station de ski, vendanges, camping : quand l’activité revient chaque année à la même période, le contrat saisonnier est le CDD adapté. Il est plus souple qu’un CDD classique (pas de prime de précarité, pas de délai de carence, terme possible à la fin de la saison), mais il suit les mêmes règles de forme. Préparez vos contrats avant l’ouverture de la saison.
Qu’est-ce qu’un emploi saisonnier ?
Selon l’article L1242-2, c’est un emploi dont les tâches sont appelées à se répéter chaque année selon une périodicité à peu près fixe, en fonction du rythme des saisons ou des modes de vie collectifs. Service-public cite l’agriculture (contrat de vendanges), l’industrie agro-alimentaire et le tourisme de vacances (moniteurs de ski, par exemple).
Un pic d’activité qui ne revient pas chaque année à la même époque n’est pas saisonnier : c’est un accroissement temporaire d’activité, qui relève du CDD classique. Et un renfort de quelques heures pour un service ou un événement en restauration relève plutôt du contrat d’extra.
Ce que doit contenir le contrat
Comme tout CDD, le contrat saisonnier est écrit, donne la définition précise de son motif et reprend les mentions de l’article L1242-12 : date de fin ou durée minimale, poste (et son éventuelle inscription sur la liste des postes à risques particuliers), convention collective, période d’essai, rémunération et ses composantes, caisse de retraite complémentaire et organisme de prévoyance. Il est transmis au salarié au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant l’embauche. Pensez à préciser les avantages en nature (logement, repas), fréquents dans les emplois saisonniers.
Durée : jusqu’à la fin de la saison
Le contrat saisonnier peut avoir une date de fin fixée à l’avance, ou être conclu sans terme précis : il prévoit alors une durée minimale et se termine avec la saison. Service-public indique « fin de la saison » comme durée maximale de ce contrat. La période d’essai se calcule à raison d’un jour par semaine, sur la durée minimale quand il n’y a pas de terme précis, dans la limite de 2 semaines pour un contrat de 6 mois ou moins.
Prime de précarité et congés payés
L’indemnité de fin de contrat (10 % dans un CDD classique) n’est pas due pour un emploi saisonnier, sauf si votre convention collective prévoit le contraire : vérifiez-la. En revanche, les congés payés non pris donnent lieu à une indemnité compensatrice versée à la fin du contrat. Notre calcul des congés payés vous aide à l’estimer.
Enchaîner les saisons
- Pas de délai de carence : vous pouvez réembaucher le même saisonnier, ou un autre sur le même poste, dès la saison suivante, et même enchaîner des contrats successifs.
- Clause de reconduction : le contrat peut prévoir qu’il sera reconduit pour la saison suivante (article 9 du modèle). Une convention ou un accord peut aussi obliger l’employeur à proposer un emploi de même nature pour la même saison l’année suivante.
- Ancienneté cumulée : les durées des contrats saisonniers successifs dans la même entreprise s’additionnent.
- Droit à la reconduction : dans les branches où l’emploi saisonnier est particulièrement développé, listées par arrêté, et sauf accord collectif différent, le salarié qui a fait au moins deux mêmes saisons sur deux années consécutives a droit à la reconduction si vous avez un emploi saisonnier compatible avec sa qualification. Vous l’informez de ce droit, et des conditions de reconduction avant la fin du contrat, par un moyen qui donne date certaine.
Suivi médical
Le saisonnier bénéficie de la surveillance médicale comme tout salarié. S’il est recruté pour moins de 45 jours de travail effectif, ou pour 45 jours ou plus sur un poste sans risques particuliers, il n’a pas d’examen médical d’embauche mais des actions de formation et de prévention organisées par le service de prévention et de santé au travail. Sur un poste à risques particuliers et pour 45 jours ou plus, l’examen d’embauche est obligatoire, sauf dispense dans certains cas.
Erreurs fréquentes
- Appeler « saisonnier » un emploi qui dure toute l’année ou un simple surcroît d’activité ponctuel.
- Oublier la durée minimale dans un contrat sans terme précis.
- Verser une prime de précarité par habitude, ou au contraire l’oublier quand la convention collective la prévoit.
- Ne pas inscrire les saisonniers au registre unique du personnel. Voir notre modèle de registre.
Avec purpay
purpay rédige avec vous les contrats saisonniers par WhatsApp ou par e-mail, avec la date de fin ou la durée minimale, les avantages en nature et la clause de reconduction si vous la souhaitez, puis prépare les DPAE, déposées par l’équipe purpay après votre validation. Le contrat est une option payante ; vous relisez et décidez de chaque envoi.
Sources officielles
- Code du travail, article L1242-2 (emplois à caractère saisonnier)
- Code du travail, article L1242-7 (CDD sans terme précis)
- Code du travail, article L1242-12 (mentions obligatoires du CDD)
- Code du travail, article L1243-10 (pas d'indemnité de fin de contrat pour le saisonnier)
- Code du travail, article L1244-2 (clause de reconduction, ancienneté cumulée)
- Code du travail, article L1244-2-2 (droit à la reconduction dans certaines branches)
- Code du travail, article L1244-4-1 (pas de délai de carence)
- Service-public : Contrat à durée déterminée, durées maximales (vérifié le 21 août 2026)
- Entreprendre Service-public : Prime de précarité, contrat saisonnier (vérifié le 6 octobre 2026)
- Service-public : Un salarié saisonnier est-il suivi par la médecine du travail ?
- Code du travail numérique : Modèle de contrat de travail à durée déterminée (indemnité de congés payés)
Modèle général, à adapter à votre situation et à votre convention collective. Il ne remplace pas un conseil personnalisé.