Un banquet, un mariage, un samedi soir complet : l’extra est une solution courante en restauration pour renforcer une équipe quelques heures. C’est un vrai contrat de travail, un CDD d’usage, avec ses règles. Bien utilisé, il est simple. Utilisé de façon régulière pour le même poste, il risque d’être requalifié en CDI.
Quand pouvez-vous embaucher un extra ?
Le CDD d’usage n’est permis que dans les secteurs listés par l’article D1242-1 du Code du travail ou par une convention étendue. L’hôtellerie et la restauration en font partie. Service-public liste trois conditions cumulatives :
- un secteur qui autorise ce contrat (c’est le cas des hôtels, cafés, restaurants) ;
- un usage constant du secteur de ne pas recourir au CDI pour cet emploi ;
- un emploi par nature temporaire : un besoin ponctuel et immédiat, pour une mission de quelques heures, d’une journée ou de quelques jours consécutifs.
L’extra est présent de façon occasionnelle et irrégulière. Service-public rappelle de ne pas le confondre avec le salarié à temps partiel, qui travaille de manière régulière dans l’entreprise : quelqu’un qui vient chaque week-end relève plutôt d’un temps partiel. Voyez notre modèle de contrat à temps partiel.
Ce que doit contenir le contrat
Comme tout CDD, le contrat d’extra est écrit et donne la définition précise de son motif ; sinon il peut être requalifié en CDI. Un contrat est établi pour chaque mission. Il reprend les mentions de l’article L1242-12 : date et heures de la mission (ou durée minimale), emploi occupé, convention collective, période d’essai éventuelle, rémunération et ses composantes, caisse de retraite complémentaire et organisme de prévoyance. Les formalités d’embauche sont les mêmes que pour les autres contrats, DPAE comprise, avant la prise de poste.
Paie de l’extra
| Point | Règle |
|---|---|
| Salaire minimum | Au moins le minimum conventionnel de sa catégorie, et au moins ce que touche un salarié en CDI de même qualification dans l’établissement. Jamais sous le SMIC (12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin 2026) |
| Paiement | À chaque intervention ; par semaine, quinzaine ou mois si vous en convenez avec le salarié |
| Bulletin de paie | Un seul bulletin récapitulatif possible quand le contrat dure moins d’un mois, même à cheval sur deux mois |
| Congés payés | Indemnité compensatrice versée à la fin du contrat |
| Prime de précarité | Non due, sauf convention collective ou accord d’entreprise plus favorable |
| Délai de carence | Aucun entre deux contrats d’extra |
Les minima de la grille HCR sont revalorisés par avenant : vérifiez le taux en vigueur pour le niveau et l’échelon du poste avant de fixer le taux horaire. Notre guide sur la convention collective HCR explique où le trouver.
Durées de travail à respecter
Service-public cite, pour l’extra, des durées maximales de présence propres au secteur : 11 heures par jour pour un cuisinier, 12 heures pour un veilleur de nuit, 11 h 30 pour les autres salariés ; 52 heures sur une semaine et 50 heures en moyenne sur 12 semaines. Le planning de la mission doit en tenir compte, surtout quand l’extra travaille aussi ailleurs.
Le risque de requalification
Le contrat d’extra peut être requalifié en CDI si le secteur ne permet pas ce contrat ou si les conditions d’exécution ne sont pas respectées. Exemple donné par service-public : en hôtellerie-restauration, au-delà de 60 jours dans un trimestre dans le même établissement, le contrat peut être requalifié. Le salarié saisit alors le conseil de prud’hommes ; s’il obtient gain de cause, le contrat est considéré comme un CDI depuis la date de signature du contrat d’extra et il a droit à une indemnité d’au moins un mois de salaire. L’employeur encourt en outre une amende de 3 750 € (18 750 € pour une société).
Erreurs fréquentes
- Un seul contrat « cadre » pour toute la saison au lieu d’un contrat par mission.
- Un motif vide (« extra ») sans dire pour quel événement ou quel besoin.
- Oublier la DPAE parce que la mission ne dure que quelques heures.
- Faire venir le même extra chaque semaine sur le même poste : au-delà d’un usage ponctuel, proposez un CDI à temps partiel.
Avec purpay
Pour vos extras, purpay prépare avec vous le contrat de chaque mission par WhatsApp, prépare la DPAE, déposée par l’équipe purpay après votre validation, et intègre les heures dans la paie du mois. Le contrat rédigé avec vous est une option payante ; vous relisez et décidez avant toute signature ou déclaration.
Sources officielles
- Entreprendre Service-public : Embauche en contrat d'extra (CDD d'usage) (vérifié le 4 décembre 2025)
- Code du travail, article D1242-1 (secteurs où le CDD d'usage est permis)
- Code du travail, article L1242-2 (motifs du CDD, bulletin unique sous un mois)
- Code du travail, article L1242-12 (mentions obligatoires du CDD)
- Code du travail, article L1243-10 (pas d'indemnité de fin de contrat pour le CDD d'usage)
- Code du travail, article L1244-4-1 (pas de délai de carence)
- Code du travail numérique : Convention collective des hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979)
- Entreprendre Service-public : Procédure et formalités d'embauche (DPAE)
- Service-public : Montant du Smic
Modèle général, à adapter à votre situation et à votre convention collective. Il ne remplace pas un conseil personnalisé.