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Lettre d'avertissement au salarié : modèle et règles (2026)

Mis à jour le 19 octobre 2026 · Par l'équipe purpay

En bref. L'avertissement est la sanction disciplinaire la plus légère : il ne touche ni la présence, ni la fonction, ni la carrière, ni la rémunération du salarié, donc aucun entretien préalable n'est obligatoire (article L1332-2), sauf si votre convention collective l'impose. Il doit être écrit et motivé, préciser les faits reprochés et être notifié par lettre remise en main propre contre décharge ou par lettre recommandée. Vous avez 2 mois à partir du jour où vous avez connu les faits pour le notifier, et vous ne pouvez pas sanctionner deux fois les mêmes faits.

Modèle de lettre d'avertissement disciplinaire

[Nom de l'entreprise]
[Adresse]

[Prénom et nom du salarié]
[Adresse]

[Lieu], le [date]

[Lettre remise en main propre contre décharge, ou lettre recommandée avec avis de réception n° numéro]

Objet : Avertissement

[Madame / Monsieur] [nom],

Nous avons constaté les faits suivants : [description précise et objective des faits : date, heure, lieu, ce qui s'est passé, personnes concernées, conséquences pour le service ou les clients].

Ces faits constituent un manquement à vos obligations professionnelles, notamment [obligation concernée : respect des horaires, consignes d'hygiène ou de sécurité, article numéro du règlement intérieur, instruction de votre responsable du date].

[Le cas échéant : Nous vous avions déjà rappelé ce point oralement le date.]

Pour ces raisons, nous vous notifions par la présente un avertissement. Cette sanction sera versée à votre dossier personnel.

Nous vous demandons de veiller à ce que de tels faits ne se reproduisent pas. À défaut, nous pourrions être amenés à envisager une sanction plus importante.

Veuillez agréer, [Madame / Monsieur], l'expression de nos salutations distinguées.

[Prénom et nom], [fonction]
[Signature]

(En cas de remise en main propre, fait en deux exemplaires) Reçu en main propre le [date] :
[Signature du salarié]

Remplacez chaque passage entre crochets. Vérifiez votre convention collective : elle peut imposer des mentions en plus.

Un retard répété, une consigne d’hygiène ignorée, un client mal reçu : l’avertissement sert à marquer le coup par écrit, sans aller jusqu’à la mise à pied ou au licenciement. C’est une vraie sanction disciplinaire, avec ses règles. Bien rédigé, il protège l’entreprise et pourra être invoqué si les faits se répètent. Mal rédigé, ou envoyé trop tard, il ne vaut rien.

Avertissement, blâme, observation : ce qui est une sanction

Une sanction est toute mesure, autre que les observations verbales, prise par l’employeur après un agissement qu’il considère comme fautif. Le recadrage oral n’est donc pas une sanction. L’avertissement (ou le blâme) écrit en est une, la plus légère de l’échelle :

Sanction Effet Entretien préalable
Avertissement, blâme Aucun effet sur la présence, la fonction, la carrière ou la paie Non obligatoire
Mise à pied disciplinaire Touche la présence dans l’entreprise et la rémunération Obligatoire
Mutation, rétrogradation Touche la fonction ou la carrière Obligatoire
Licenciement pour faute Fin du contrat Obligatoire, avec la procédure de licenciement

La sanction doit être proportionnée à la faute. Dans les entreprises qui ont un règlement intérieur, obligatoire à partir de 50 salariés, seules les sanctions prévues par ce règlement peuvent être prononcées.

Ce que la lettre doit contenir

Aucune sanction ne peut être prise sans que le salarié soit informé, en même temps et par écrit, des griefs retenus contre lui. La décision doit être écrite et argumentée : elle précise la sanction choisie et les reproches qui la justifient. Concrètement :

  • les faits, datés et décrits de façon objective (« le 12 octobre, arrivée à 11 h 40 pour une prise de poste à 10 h, sans prévenir ») plutôt qu’un jugement (« manque de sérieux ») ;
  • l’obligation non respectée : horaires, consigne, article du règlement intérieur, instruction précise ;
  • la sanction : le mot « avertissement » doit apparaître clairement.

Les délais et la remise

Règle Délai
Engager la sanction Au plus tard 2 mois après le jour où vous avez eu connaissance des faits
Invoquer une sanction antérieure Pas plus de 3 ans avant l’engagement de la nouvelle procédure
Si vous organisez un entretien Notification au moins 2 jours ouvrables et au plus 1 mois après l’entretien

L’avertissement est notifié par lettre remise en main propre contre décharge ou par lettre recommandée avec avis de réception. Service-public donne cet exemple : une faute découverte le 16 mai peut être sanctionnée jusqu’au 16 juillet à minuit. Si le comportement fautif s’est poursuivi, vous pouvez tenir compte de faits identiques plus anciens.

Ce qui est interdit

  • Une retenue sur salaire ou une amende : les sanctions pécuniaires sont interdites.
  • Sanctionner deux fois les mêmes faits : après un avertissement pour un retard, vous ne pouvez plus prononcer une sanction plus lourde pour ce même retard.
  • Sanctionner pour un motif interdit : discrimination, exercice normal du droit de grève, témoignage de faits de harcèlement, exercice du droit de retrait, lancement d’alerte, notamment.

Faut-il 3 avertissements avant un licenciement ?

Non. Service-public le rappelle : aucun nombre d’avertissements n’est exigé. Une seule faute peut justifier un licenciement si elle est assez grave, sous réserve de l’échelle des sanctions du règlement intérieur s’il existe. À l’inverse, un avertissement ne vous prive pas de licencier si de nouveaux faits surviennent ensuite. Une procédure de licenciement est une étape plus risquée : un conseil personnalisé est utile avant de l’engager. Voir notre modèle de convocation à un entretien préalable.

Erreurs fréquentes

  • Attendre plus de 2 mois après avoir découvert les faits.
  • Des reproches généraux sans date ni fait précis.
  • Prononcer un avertissement puis, pour les mêmes faits, une mise à pied parce que le premier semble insuffisant.
  • Ne pas garder la preuve de la remise : décharge datée et signée par le salarié, ou avis de réception du recommandé.

Modèle général, à adapter à votre situation et à votre convention collective. Il ne remplace pas un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Faut-il convoquer le salarié avant de lui donner un avertissement ?

Non. L'entretien préalable n'est pas obligatoire pour un avertissement, car il n'a pas d'incidence sur la présence, la fonction, la carrière ou la rémunération du salarié. Vérifiez toutefois votre convention collective et votre règlement intérieur, qui peuvent imposer un entretien. Si vous en organisez un, la convocation doit respecter les règles de la procédure disciplinaire.

Combien de temps l'employeur a-t-il pour donner un avertissement ?

2 mois à partir du jour où il a eu connaissance des faits, sauf poursuites pénales engagées dans ce délai. Si le délai se termine un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant.

Faut-il 3 avertissements avant de licencier ?

Non, c'est une idée reçue. Aucun nombre d'avertissements n'est exigé par la loi ; une seule faute peut justifier un licenciement si la sanction est proportionnée. Si votre règlement intérieur prévoit une échelle des sanctions, vous devez la respecter.

Un avertissement oral est-il une sanction ?

Non. Les observations verbales ne sont pas des sanctions disciplinaires. Pour qu'un avertissement compte comme sanction, il doit être écrit et notifié au salarié avec les griefs retenus.

Peut-on retenir une somme sur le salaire avec un avertissement ?

Non. Les amendes et autres sanctions pécuniaires sont interdites, et toute clause contraire est réputée non écrite. Un avertissement n'a aucun effet sur la paie.

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