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Travail le dimanche : dérogations, volontariat et majoration

Mis à jour le 19 octobre 2026 · Par l'équipe purpay

En bref. Le repos hebdomadaire se donne en principe le dimanche, sauf dérogation. La loi n'impose pas de majoration générale pour le dimanche : le travail du dimanche n'est payé double que dans certains cas, comme les « dimanches du maire » (au plus 12 par an), qui donnent aussi un repos compensateur. Dans les commerces alimentaires, l'ouverture est possible jusqu'à 13 h, avec une majoration d'au moins 30 % au-delà de 400 m² de surface de vente. Votre convention collective peut prévoir une majoration : par exemple 20 % de l'heure dans la boulangerie artisanale.

« Le dimanche, c’est payé double » : c’est une idée reçue, rappelle service-public. La loi pose un principe, le repos le dimanche, puis une série de dérogations, chacune avec ses propres règles de volontariat et de paiement. Voici comment savoir dans quelle case vous êtes, ce que vous devez payer et ce que dit votre convention collective.

Le principe : repos le dimanche, 6 jours de travail au plus

  • Un salarié ne peut pas travailler plus de 6 jours par semaine (article L3132-1).
  • Le repos hebdomadaire dure au moins 24 heures consécutives, plus les 11 heures de repos quotidien (article L3132-2).
  • Ce repos est donné le dimanche (article L3132-3), sauf dérogation.

Quand un salarié travaille le dimanche, il doit donc avoir un autre jour de repos dans la semaine.

Les dérogations, en un tableau

Dérogation Exemples Volontariat Paiement imposé par la loi
Permanente de droit (repos par roulement) Restaurants, hôtels, établissements de santé, fleuristes, commerces d’ameublement, spectacles Non : le dimanche peut être imposé Aucune majoration légale
Commerce de détail alimentaire, jusqu’à 13 h Boulangerie, boucherie, épicerie, fromagerie, supermarché Non Aucune jusqu’à 400 m² ; au moins 30 % au-delà de 400 m²
Préfet (préjudice au public ou au fonctionnement) Autorisation temporaire ou annuelle Oui, accord écrit Fixé par accord ; sur décision de l’employeur approuvée par référendum, au moins le double + repos compensateur
Maire : « dimanches du maire » Commerces de détail, 12 dimanches par an au plus Oui, accord écrit Au moins le double + repos compensateur équivalent
Zones touristiques, commerciales, grandes gares Boutiques en zone touristique internationale, centres commerciaux Oui, accord écrit Majoration fixée par accord
Convention collective Industrie en fonctionnement continu Non Fixé par la convention

Dans les commerces alimentaires, le repos peut commencer le dimanche à 13 heures. En contrepartie, les salariés ont un repos compensateur d’une journée entière par roulement et par quinzaine ; les moins de 21 ans logés chez l’employeur ont un autre après-midi par semaine (article L3132-13).

Les dimanches du maire : la liste 2027 se décide maintenant

Dans les commerces de détail où le repos a normalement lieu le dimanche, le maire peut supprimer ce repos certains dimanches, après avis du conseil municipal (article L3132-26) :

  • 12 dimanches au maximum par année civile ;
  • liste arrêtée avant le 31 décembre pour l’année suivante, donc avant le 31 décembre 2026 pour 2027 ;
  • au-delà de 5 dimanches, avis conforme de l’intercommunalité.

Pour chaque salarié qui travaille ce jour-là (article L3132-27) :

  1. une rémunération au moins égale au double de la rémunération normale pour la même durée ;
  2. un repos compensateur équivalent en temps, pris collectivement ou par roulement dans la quinzaine avant ou après ;
  3. seuls les volontaires ayant donné leur accord écrit peuvent travailler (article L3132-27-1).

Volontariat : quand le salarié peut refuser

Pour les dérogations du préfet, du maire, des zones touristiques ou commerciales et des grandes gares, seuls les volontaires ayant donné leur accord écrit peuvent travailler le dimanche (article L3132-25-4). Le refus :

  • n’est ni une faute ni un motif de licenciement ;
  • ne peut entraîner aucune mesure discriminatoire ;
  • ne peut pas être pris en compte pour refuser une embauche.

Pour une dérogation préfectorale sans accord collectif, vous demandez chaque année aux salariés qui travaillent le dimanche s’ils veulent un poste sans dimanche et vous leur rappelez qu’ils peuvent arrêter ; leur refus prend effet 3 mois après qu’ils vous l’ont notifié par écrit.

Dans les secteurs à dérogation permanente (restauration, hôtellerie, santé…) et dans les commerces alimentaires le matin, le volontariat n’est pas exigé : le travail du dimanche peut être demandé s’il est prévu au contrat ou au planning.

Combien payer : ce que disent les conventions

En dehors des cas du tableau, la loi n’impose aucune majoration. Votre convention collective, un accord d’entreprise, le contrat de travail ou votre décision peuvent en prévoir une. Exemples tirés du Code du travail numérique :

Convention collective Contrepartie au travail du dimanche
Boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843) + 20 % du salaire horaire de base pour chaque heure du dimanche
Hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979) Aucune : payé comme un jour habituel, sauf accord ou décision de l’employeur
Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216), dimanches du maire ou dérogation du préfet + 100 % du salaire horaire, repos hebdomadaire décalé dans la quinzaine

Pour une autre convention, cherchez la fiche « travail du dimanche » de votre convention sur le Code du travail numérique, ou voyez notre guide sur la convention collective.

Exemples chiffrés

Boulangerie artisanale. Un vendeur payé 12,31 € brut de l’heure travaille 6 heures le dimanche matin.

Élément Calcul Montant brut
Majoration conventionnelle du dimanche 6 × 12,31 € × 20 % 14,77 €

Le salaire de ces 6 heures est déjà dans son salaire mensuel : la majoration s’ajoute sur le bulletin.

Dimanche du maire dans une boutique de vêtements. Une vendeuse volontaire, payée 12,31 € brut de l’heure, travaille 7 heures.

Élément Calcul Montant brut
Rémunération normale des 7 heures 7 × 12,31 € 86,17 €
Complément pour atteindre le double 7 × 12,31 € 86,17 €
Total pour ce dimanche 172,34 €
Repos compensateur 7 heures, dans la quinzaine

Mineurs, apprentis et Alsace-Moselle

  • Apprentis de moins de 18 ans : le dimanche n’est possible que dans l’hôtellerie-restauration, les traiteurs, les cafés-tabacs, la boulangerie-pâtisserie, la boucherie, la charcuterie, la fromagerie, la poissonnerie, les fleuristes et les jardineries. Ils ont alors droit à 2 jours de repos consécutifs dans la semaine.
  • Alsace-Moselle : l’ouverture des commerces les dimanches et jours fériés y est en principe interdite, avec une liste de dérogations (boulangeries, pâtisseries, fleuristes, tabacs, restauration à emporter…). Les commerces d’alimentation générale de 200 m² au plus peuvent ouvrir jusqu’à 13 h.

Les erreurs fréquentes

  • Payer double par habitude alors que la loi ne l’impose pas, ou l’inverse : oublier le double des dimanches du maire.
  • Faire travailler un dimanche du maire sans accord écrit du salarié.
  • Oublier le repos compensateur d’une journée par quinzaine dans les commerces alimentaires.
  • Ouvrir après 13 h un commerce alimentaire hors zone touristique internationale ou grande gare.
  • Oublier la majoration de votre convention (20 % en boulangerie artisanale, par exemple).

Pour le 1er mai et les jours fériés, les règles sont différentes : voyez le 1er mai travaillé et le jour férié travaillé.

Avec purpay

Vous envoyez à purpay les heures du mois par WhatsApp ou par e-mail, en signalant les dimanches travaillés. purpay ne calcule pas la majoration du dimanche prévue par la loi, votre convention ou votre accord : indiquez-lui son montant, qui apparaît sur le bulletin avec les bonnes cotisations. Vous validez le bulletin avant tout envoi.

Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.

Questions fréquentes

Le travail le dimanche est-il payé double ?

Pas en général. La loi impose un paiement au moins double pour les dimanches du maire et pour les dérogations préfectorales mises en place par décision de l'employeur approuvée par référendum. Ailleurs, la majoration dépend de votre convention collective, d'un accord ou de votre décision.

Un salarié peut-il refuser de travailler le dimanche ?

Oui quand la dérogation repose sur le volontariat : dimanches du maire, autorisation du préfet, zones touristiques ou commerciales, grandes gares. Son refus n'est ni une faute ni un motif de licenciement. Dans les secteurs à dérogation permanente, comme la restauration, le travail du dimanche peut être imposé s'il est prévu.

Combien de dimanches du maire par an ?

12 au maximum par année civile. La liste est arrêtée par le maire avant le 31 décembre pour l'année suivante : pour 2027, avant le 31 décembre 2026.

Quelle majoration pour le dimanche en boulangerie ?

Dans la convention de la boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843), chaque heure travaillée le dimanche est majorée de 20 % du salaire horaire de base, selon le Code du travail numérique.

Quelle majoration pour le dimanche en restauration ?

La convention des hôtels, cafés et restaurants (IDCC 1979) ne prévoit pas de contrepartie au travail du dimanche : il est payé comme un jour habituel, sauf accord d'entreprise ou décision de l'employeur.

Un apprenti mineur peut-il travailler le dimanche ?

Seulement dans certains secteurs : hôtellerie-restauration, traiteurs, cafés-tabacs, boulangerie-pâtisserie, boucherie, charcuterie, fromagerie, poissonnerie, fleuristes et jardineries. Il a alors droit à 2 jours de repos hebdomadaire consécutifs.

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