Boulangerie de quartier, boulangerie-pâtisserie, point de vente de pain rattaché à un fournil : vos salariés relèvent de la convention collective nationale de la boulangerie-pâtisserie du 19 mars 1976, IDCC 843. C’est une convention où la nuit, le dimanche et les jours fériés pèsent lourd sur le bulletin.
Qui est concerné ?
La convention vise les entreprises de métropole et de La Réunion dont l’activité principale est de fabriquer et vendre, surtout au consommateur final, du pain, de la viennoiserie et de la pâtisserie (article 1er). Chaque établissement doit remplir au moins 2 de ces 3 critères :
- moins de 5 400 quintaux de pain fabriqués par an ;
- moins de 50 salariés ;
- la vente directe au consommateur est l’essentiel de l’activité.
Une pâtisserie, une chocolaterie ou un glacier dont l’activité principale n’est pas le pain relève de la convention de la pâtisserie (IDCC 1267). La boulangerie industrielle a sa propre convention.
Grille des salaires au 1er janvier 2026
Les salariés sont classés en personnel de fabrication, de vente, de services et d’encadrement, avec un coefficient. Le taux horaire minimum vient de l’avenant n° 139 du 14 janvier 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026 et étendu par arrêté du 10 avril 2026 :
| Coefficient | Fabrication | Vente | Services |
|---|---|---|---|
| 155 | 12,41 € | 12,41 € | 12,41 € |
| 160 | 12,53 € | 12,53 € | 12,53 € |
| 165 | — | 12,66 € | — |
| 170 | 12,78 € | 12,78 € | 12,78 € |
| 175 | 12,91 € | 12,91 € | — |
| 180 | — | 13,03 € | — |
| 185 | 13,31 € | 13,31 € | — |
| 190 | 13,43 € | 13,43 € | — |
| 195 | 13,54 € | — | — |
| 240 | 14,59 € | — | — |
Tous ces taux dépassent le SMIC (12,31 € depuis le 1er juin 2026) : ce sont eux qui s’imposent. Pour l’encadrement, l’avenant fixe un minimum annuel de 39 871 € pour un cadre au forfait de 218 jours et de 57 206 € pour un cadre dirigeant.
L’Île-de-France et les Bouches-du-Rhône ont des minima départementaux plus élevés : le Code du travail numérique les publie dans sa fiche salaire minimum.
Pour vérifier le minimum, on compte le salaire de base et les avantages en nature (repas, logement), mais pas l’avantage en nature pain, les majorations de nuit, les heures supplémentaires ni les primes.
Nuit, dimanche, jours fériés
Nuit (article 23). Toute heure de travail effectif entre 20 h et 6 h est majorée de 25 % du salaire de base, pour tous les salariés, travailleurs de nuit ou non. Le travailleur de nuit (au moins 3 heures entre 21 h et 6 h deux fois par semaine, ou 270 heures de nuit dans l’année) a aussi :
- une pause d’au moins 20 minutes dès 6 heures de travail ;
- 8 heures de travail par jour au maximum (10 exceptionnellement) ;
- 1 jour de repos par an à partir de 270 heures de nuit, 2 jours au-delà de 600 heures, à prendre dans les 3 mois.
Dimanche (article 28) : chaque heure travaillée le dimanche est majorée de 20 %. Les moins de 18 ans ne peuvent pas y travailler, sauf les apprentis.
Jours fériés : un jour férié travaillé est payé double ; un jour férié chômé ne fait perdre aucun salaire ; un jour férié inclus dans les congés payés prolonge le congé d’une journée.
Exemple : un ouvrier boulanger au coefficient 185
Taux horaire 13,31 €. Une nuit de 2 h à 9 h un dimanche : 4 heures entre 2 h et 6 h majorées de 25 %, soit 4 × 13,31 × 0,25 = 13,31 €, et 7 heures de dimanche majorées de 20 %, soit 7 × 13,31 × 0,20 = 18,63 €. Ces majorations s’ajoutent au salaire de base de la journée.
Primes et indemnités propres à la branche
- Prime de fin d’année : pour le salarié ayant 1 an d’ancienneté et présent le 31 décembre, 4,75 % du salaire brut versé du 1er janvier au 31 décembre 2026, à payer au plus tard le 15 janvier 2027. Le taux passe à 5 % pour 2027. Un salarié qui a touché 24 000 € brut en 2026 reçoit 1 140 €. Elle ne se cumule pas avec un 13e mois partiel ou des étrennes déjà versés.
- Indemnité de frais professionnels (article 24) : chaque jour, pour l’ouvrier boulanger ou pâtissier non nourri, 1,5 fois le minimum garanti, dans sa valeur au 1er janvier de l’année. Le ministère du Travail indique un minimum garanti de 4,35 € depuis le 1er juin 2026 ; pour l’indemnité, reprenez la valeur fixée au 1er janvier par le décret de revalorisation.
- Indemnité de « chou blanc » : le salarié venu à l’heure convenue et décommandé à ce moment-là reçoit 8 heures au salaire horaire minimum professionnel national.
- Prime d’ancienneté : elle n’existe que dans certains départements, par accord local.
Arrêt maladie : 90 % pendant 180 jours
Dès 1 an d’ancienneté dans la profession (sans condition en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle), le salarié reçoit 90 % de son salaire brut moyen des 3 derniers mois, sous déduction des indemnités journalières, sans dépasser son net habituel :
- dès le 1er jour en cas d’accident du travail, de trajet ou de maladie professionnelle ;
- dès le 4e jour si l’arrêt dépasse 45 jours ou en cas d’affection de longue durée ;
- dès le 8e jour dans les autres cas ;
- 180 jours indemnisés au maximum par année civile.
L’employeur est remboursé par l’organisme de prévoyance de la branche s’il paie la cotisation patronale de 0,73 % du salaire brut plafonné (article 37). Un fonds de péréquation financé par une cotisation patronale de 0,37 % rembourse aussi certaines dépenses : congés pour événements familiaux, examens de la médecine du travail, indemnité de fin de CDD de remplacement, indemnité de licenciement pour inaptitude d’origine non professionnelle (article 37 bis). Voir arrêt maladie : ce que doit faire l’employeur.
Période d’essai et préavis
| Catégorie | Période d’essai en CDI | Préavis de démission | Préavis de licenciement |
|---|---|---|---|
| Fabrication, vente, services | 2 mois | 1 semaine (moins de 6 mois), 2 semaines au-delà | 1 semaine (moins de 6 mois), 1 mois (6 mois à 2 ans), 2 mois au-delà |
| Agents de maîtrise | 3 mois | Non précisé par la fiche du ministère | Non précisé par la fiche du ministère |
| Cadres | 4 mois, renouvelable une fois 4 mois | 2 mois | 1,5 mois (moins de 2 ans), 3 mois au-delà |
L’indemnité de licenciement suit le calcul légal (article 33), avec un complément pour le salarié d’au moins 55 ans licencié pour inaptitude.
Avec purpay
purpay prépare les bulletins, la DSN et la DPAE de votre boulangerie par WhatsApp ou e-mail, et vous validez chaque envoi. Le moteur de règles de purpay applique le Code du travail : la grille, les primes et les majorations de la convention 843 ne sont pas encore calculées. Indiquez-nous les montants dus, ils apparaissent sur le bulletin avec les bonnes cotisations. Pour la convention 843, la grille, les heures de nuit et de dimanche et la prime de fin d’année font partie des points que vous contrôlez avant de valider. Voir notre page artisans.
Sources officielles
- Code du travail numérique : convention collective boulangerie-pâtisserie (IDCC 843)
- Code du travail numérique : salaire minimum (IDCC 843)
- Code du travail numérique : primes prévues par la convention (IDCC 843)
- Code du travail numérique : travail du dimanche (IDCC 843)
- Code du travail numérique : jours fériés (IDCC 843)
- Code du travail numérique : heures supplémentaires (IDCC 843)
- Code du travail numérique : maintien de salaire en arrêt maladie (IDCC 843)
- Code du travail numérique : période d'essai (IDCC 843)
- Code du travail numérique : préavis de démission (IDCC 843)
- Code du travail numérique : préavis de licenciement (IDCC 843)
- DILA, données ouvertes KALI : convention du 19 mars 1976 (articles 1er, 23, 24, 28, 33, 37 et 37 bis) et avenant n° 139 du 14 janvier 2026
- Service-public : montant du SMIC
- Ministère du Travail (Code du travail numérique) : le SMIC et le minimum garanti
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.