La réduction générale dégressive unique, ou RGDU, est la plus grosse baisse de cotisations dont profite une petite entreprise : près de 40 % du salaire brut au niveau du SMIC. Elle a été réformée au 1er janvier 2026. La formule a changé, le seuil de sortie est de 3 SMIC, et le SMIC à retenir reste celui de janvier toute l’année. Voici la formule officielle, des exemples recalculés et les erreurs à éviter.
Ce qui a changé au 1er janvier 2026
- L’ancienne réduction générale (dite réduction Fillon) devient la RGDU.
- Les taux réduits des cotisations maladie et allocations familiales sont supprimés, sauf pour quelques régimes spécifiques (outre-mer « Lodeom », travailleurs occasionnels agricoles, aide à domicile, zones ZRD et ZFRR). Dans le cas général, vous payez désormais 13 % de maladie et 5,25 % d’allocations familiales sur tous les salaires, et c’est la RGDU qui allège.
- La réduction est maximale au SMIC, dégressive entre 1 et 3 SMIC, avec un plancher de 2 %, et nulle à partir de 3 SMIC.
- Le SMIC du 1er janvier 2026 est retenu pour toute l’année, même après la revalorisation du 1er juin.
Qui en bénéficie
Tous les employeurs, sauf les particuliers employeurs, pour les salariés au titre desquels ils cotisent à l’assurance chômage. Tous les contrats sont concernés : CDI, CDD, temps partiel, apprentissage et professionnalisation. La MSA cite parmi les exclus les mandataires sociaux (PDG, DG…) et les stagiaires.
La rémunération doit être inférieure à 3 SMIC, valeur du 1er janvier 2026 :
| À temps plein | Seuil de 3 SMIC |
|---|---|
| Par heure | 36,06 € |
| Par mois | 5 469,09 € |
| Par an | 65 629,20 € |
Pour un temps partiel, le seuil est réduit en proportion : à 80 %, il est de 80 % de 5 469,09 €.
Les cotisations allégées
La réduction s’impute sur :
- les cotisations maladie, maternité, invalidité, décès et vieillesse de base ;
- les allocations familiales ;
- le FNAL et la contribution solidarité autonomie (CSA) ;
- la contribution patronale d’assurance chômage ;
- la retraite complémentaire obligatoire, dans la limite de 6,01 % de la rémunération ;
- les cotisations accidents du travail, dans la limite de 0,49 % de la rémunération.
Le reste (AGS, formation professionnelle, taxe d’apprentissage, contribution au dialogue social, AT/MP au-delà de 0,49 %) reste dû en entier.
La formule officielle
Réduction = rémunération annuelle brute × coefficient
Coefficient = Tmin + Tdelta × [½ × (3 × SMIC annuel ÷ rémunération annuelle brute − 1)]^P
| Paramètre 2026 | Moins de 50 salariés | 50 salariés et plus |
|---|---|---|
| Tmin | 0,0200 | 0,0200 |
| Tdelta | 0,3781 | 0,3821 |
| Coefficient maximum | 0,3981 | 0,4021 |
| Exposant P | 1,75 | 1,75 |
| FNAL correspondant | 0,10 % | 0,50 % |
- Le SMIC annuel est celui du 1er janvier 2026 : 12,02 € × 1 820 h = 21 876,40 € à temps plein.
- La rémunération comprend tous les éléments de rémunération, en espèces ou en nature : salaire, heures supplémentaires et complémentaires, primes (dont le 13e mois, et la prime de partage de la valeur même exonérée), indemnités de congés payés et de préavis, avantages en nature, pourboires. Les remboursements de frais professionnels sont exclus.
- Le coefficient est arrondi à 4 décimales.
- Le temps de travail du mois se compte en heures par semaine × 52 ÷ 12. Pour un salarié à 39 heures, le SMIC de référence est donc calculé sur 169 heures (sans majoration), et non sur 151,67.
Une tolérance permet d’utiliser le SMIC du 1er juin 2026 pour les salariés dont le contrat s’est terminé entre le 1er et le 30 juin 2026. En dehors de ce cas, c’est 12,02 €.
Exemples chiffrés (moins de 50 salariés, temps plein)
| Rémunération | Coefficient | Réduction |
|---|---|---|
| SMIC de janvier toute l’année : 1 823,03 € par mois, 21 876,40 € par an | 0,3981 | 8 708,99 € par an |
| Salarié payé au SMIC en 2026 : 1 823,03 € de janvier à mai, 1 867,02 € de juin à décembre (22 184,29 €) | 0,3844 | 8 527,64 € par an |
| 2 500 € par mois (30 000 € par an) | 0,1719 | 5 157,00 € par an, soit 429,75 € par mois |
| 3 500 € par mois (42 000 € par an) | 0,0611 | 2 566,20 € par an |
| 5 500 € par mois | — | 0 € (au-dessus de 3 SMIC) |
Les deux exemples à 21 876,40 € et 42 000 € sont ceux de service-public. Le cas du salarié payé au SMIC en 2026 montre l’effet du SMIC de janvier : comme la rémunération dépasse désormais ce SMIC de référence, le coefficient tombe à 0,3844. Appliquer le coefficient maximum de 0,3981 aurait surévalué la réduction de 303,93 € sur l’année. Dans une entreprise de 50 salariés et plus, le même salarié donne un coefficient de 0,3883.
Calcul mois par mois
Le montant de la réduction est annuel, salarié par salarié. Vous pouvez l’appliquer par anticipation chaque mois, sur la rémunération du mois, puis faire une régularisation soit en fin d’année, soit progressivement, mois après mois.
Exemple pour octobre 2026, salarié à temps plein payé au SMIC (1 867,02 €) :
- SMIC de référence du mois : 1 823,03 €, donc 3 SMIC = 5 469,09 €.
- 5 469,09 ÷ 1 867,02 − 1 = 1,9293, divisé par 2 = 0,9647.
- 0,9647 puissance 1,75 = 0,9390.
- Coefficient : 0,0200 + 0,3781 × 0,9390 = 0,3750.
- Réduction du mois : 1 867,02 € × 0,3750 = 700,13 €.
Pour le coût complet d’un salarié au SMIC, à 35 h, 39 h ou à mi-temps, voir notre guide coût d’un salarié au SMIC.
Primes et prime de partage de la valeur
Toute prime augmente la rémunération annuelle et fait baisser le coefficient, y compris la prime de partage de la valeur (PPV), pourtant exonérée de cotisations. Pour un salarié payé au SMIC toute l’année 2026, une PPV de 1 000 € fait passer le coefficient de 0,3844 à 0,3439. Voir prime de partage de la valeur.
Ce qui se cumule, ce qui ne se cumule pas
Se cumulent avec la RGDU :
- la déduction forfaitaire patronale sur les heures supplémentaires : 1,50 € par heure sous 20 salariés, 0,50 € au-delà ;
- la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels ;
- certains taux réduits (journalistes, VRP multicartes, professions médicales) et, sous conditions, l’exonération des aides à domicile.
Ne se cumulent pas : toute autre exonération totale ou partielle de cotisations patronales pour le même salarié, et les taux, assiettes ou montants forfaitaires spécifiques (par exemple ceux des artistes du spectacle).
Déclaration et contrôle
La RGDU se déclare dans la déclaration sociale nominative (DSN), salarié par salarié, avec sa rémunération et le montant de réduction. L’Urssaf contrôle le calcul à réception de la déclaration. Conservez les éléments de calcul (heures, rémunérations, effectif) pour un éventuel contrôle.
Les erreurs fréquentes
- Prendre le SMIC de juin (12,31 €) dans la formule, ou appliquer le coefficient maximum à tous les salariés payés au SMIC.
- Garder les anciens taux réduits de maladie ou d’allocations familiales.
- Oublier les heures supplémentaires dans le temps de travail de référence, ou oublier de réduire le seuil pour un temps partiel.
- Oublier les primes dans la rémunération annuelle : 13e mois, PPV, primes de fin d’année.
- Mal compter l’effectif : il fixe Tdelta (moins de 50 ou 50 et plus) et le taux du FNAL.
Et avec purpay ?
purpay calcule la RGDU de chaque salarié avec les paramètres 2026 de son moteur de règles, la fait apparaître sur le bulletin dans le total des exonérations et la déclare dans la DSN, que vous validez avant l’envoi. Vous voulez savoir si vos bulletins actuels appliquent bien le SMIC de janvier ? Demandez une vérification gratuite.
Sources officielles
- Entreprendre Service-public : Réduction générale dégressive unique (RGDU) de cotisations patronales
- MSA : la réduction générale dégressive unique (calcul, SMIC à retenir, régularisation)
- MSA : déduction forfaitaire de cotisations patronales pour heures supplémentaires
- MSA : taux des cotisations sur salaires au 1er juillet 2026
- Service-public : Smic, montants 2026
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.