Aller au contenu

Embaucher un salarié étranger : démarches employeur 2026

Mis à jour le 19 octobre 2026 · Par l'équipe purpay

En bref. Avant d'embaucher un ressortissant d'un pays hors Union européenne, EEE et Suisse, vérifiez que son titre de séjour l'autorise à travailler ; sinon, demandez une autorisation de travail, uniquement en ligne. Faites ensuite vérifier l'authenticité du titre par la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant l'embauche, sauf s'il est inscrit à France Travail. Une taxe employeur est due à la première admission au séjour pour un contrat de plus de 3 mois, et employer un étranger sans titre de travail est puni de 5 ans de prison et 30 000 € d'amende par salarié.

Recruter un cuisinier, un ouvrier ou un développeur étranger est possible, mais la règle est simple : pas de travail sans titre qui l’autorise. C’est à vous, employeur, de le vérifier avant l’embauche. Ce guide concerne les ressortissants de pays hors Union européenne, Espace économique européen et Suisse ; les ressortissants algériens relèvent de règles particulières.

Étape 1 : le titre permet-il de travailler ?

Titre détenu Autorisation de travail à demander ?
Carte de résident, carte de résident longue durée-UE obtenue en France Non
VLS-TS ou carte « vie privée et familiale » Non (sauf exception la 1re année pour certaines familles de résidents longue durée-UE d’un autre pays)
Carte « talent » Non, pour l’activité qui a permis de l’obtenir
Carte « bénéficiaire de la protection subsidiaire » ou « apatride » (et leur famille) Non
Carte « Article 50 TUE » (ressortissants britanniques) Non
Carte « étudiant » Non jusqu’à 964 heures par an ; oui au-delà, sauf contrat d’apprentissage validé par l’OPCO
Carte « recherche d’emploi / création d’entreprise » Non, si l’emploi correspond à sa formation et si le salaire atteint au moins 2 800,53 €
VLS-TS ou carte « salarié » ou « travailleur temporaire » Oui, pour chaque nouveau contrat
Carte « travailleur saisonnier » Oui, pour chaque contrat ; 6 mois de travail saisonnier par an au plus
Carte « visiteur » Ne permet pas de travailler, et aucune autorisation ne peut être demandée
Carte de séjour délivrée par un autre pays de l’UE Ne permet pas de travailler en France

En cas de doute, la fiche service-public sur l’autorisation de travail détaille chaque titre.

Étape 2 : demander l’autorisation de travail, si besoin

La demande se fait uniquement en ligne, que l’étranger soit en France ou à l’étranger. Elle est impossible en ligne si l’étranger est en France sans titre de séjour.

L’autorisation est accordée si quatre séries de conditions sont réunies :

  1. L’emploi figure sur la liste des métiers en tension, ou l’offre a été publiée 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédents auprès du service public de l’emploi (France Travail, par exemple), sans candidature valable.
  2. Votre entreprise respecte ses obligations sociales, n’a pas été sanctionnée pour travail illégal ou fraude, et fournit une attestation de paiement des cotisations de moins de 6 mois. Pour un emploi saisonnier, vous prouvez que le salarié aura un logement décent.
  3. Le salaire est au moins égal au SMIC, ou au minimum de votre convention collective s’il est plus élevé.
  4. Le métier réglementé, s’il l’est, respecte ses conditions d’exercice.

Sans réponse de la préfecture au bout de 2 mois, la demande est refusée. Un refus peut être contesté dans les 2 mois.

Étape 3 : faire vérifier le titre par la préfecture

Pour tout étranger hors UE, même dispensé d’autorisation, vous vérifiez l’existence de son titre auprès de la préfecture du département de votre établissement, au moins 2 jours ouvrables avant la date d’embauche (articles L5221-8 et R5221-42).

  • La préfecture répond dans les 2 jours ouvrables.
  • Sans réponse dans ce délai, votre obligation de vérification est réputée remplie.
  • Cette vérification n’est pas nécessaire si le candidat est inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail.

Pour un étudiant étranger, vous faites une déclaration nominative à la préfecture 2 jours ouvrables avant l’embauche.

Étape 4 : les formalités habituelles, avec deux ajouts

Vous faites ensuite la DPAE et les autres démarches de toute embauche (voir notre checklist pour embaucher un salarié). Deux points sont propres aux salariés étrangers :

  • Le registre unique du personnel mentionne le type et le numéro du titre valant autorisation de travail, et une copie du titre est annexée au registre. Voir notre modèle de registre.
  • Le contrat écrit est en français ; le salarié peut demander une traduction dans sa langue, et en cas de différence, seule la version dans sa langue peut lui être opposée.

La taxe employeur

Une taxe est due à la première admission au séjour d’un salarié étranger au titre du travail, pour une autorisation de plus de 3 mois (dès le 1er jour pour les saisonniers agricoles).

Contrat Taxe
Plus de 3 mois et moins de 12 mois, salaire mensuel brut jusqu’au SMIC (1 867,02 €) 74 €
Plus de 3 mois et moins de 12 mois, salaire entre 1 867,02 € et 2 800,53 € 210 €
Plus de 3 mois et moins de 12 mois, salaire au-dessus de 2 800,53 € 300 €
12 mois ou plus, salaire mensuel brut inférieur à 4 667,54 € 55 % du salaire mensuel brut
12 mois ou plus, salaire de 4 667,54 € ou plus 2 567,15 €
Contrat saisonnier 50 € par mois d’activité, complet ou incomplet

Elle n’est pas due notamment si le titre permet déjà de travailler sans autorisation. Elle se déclare et se paie avec la déclaration de TVA (annexe 3310 A au régime réel, formulaire 3517-S-SD au régime simplifié).

Exemple : vous embauchez en CDI un cuisinier qui a besoin d’une autorisation de travail, payé 2 200 € brut par mois. La taxe est de 55 % × 2 200 € = 1 210 €, payée une fois, avec votre déclaration de TVA.

Les sanctions

Manquement Sanction
Employer un étranger sans titre de travail (personne physique) 5 ans de prison et 30 000 € d’amende par étranger
Même infraction, société 150 000 € d’amende par étranger
En bande organisée 10 ans de prison et 200 000 € d’amende
Amende administrative (en plus) Jusqu’à 5 000 fois le minimum garanti, soit 21 750 € par étranger ; 65 250 € en récidive ; 8 700 € si vous payez spontanément salaires et indemnités dans les 30 jours

Si le contrat est rompu, le salarié a droit à une indemnité forfaitaire de 3 mois de salaire, ou aux indemnités de rupture si elles sont plus favorables. L’employeur de bonne foi, trompé par un faux titre, n’est pas pénalement responsable s’il a fait la DPAE et la vérification en préfecture.

Erreurs fréquentes

  • Se contenter d’une photocopie du titre, sans vérification en préfecture.
  • Embaucher un titulaire de carte « salarié » sur un nouveau poste sans nouvelle autorisation : elle vaut pour un contrat précis.
  • Laisser un étudiant dépasser 964 heures dans l’année sans autorisation.
  • Oublier la taxe dans la déclaration de TVA.
  • Ne pas suivre la date d’expiration du titre : à son terme, le salarié ne peut plus travailler sans renouvellement.

Avec purpay

purpay prépare la DPAE et les fiches de paie de votre salarié étranger, comme pour tout salarié, et vous les validez avant l’envoi. La demande d’autorisation de travail et la vérification en préfecture restent à faire par vous, sur les services en ligne de l’administration.

Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : vérifiez votre convention collective et les textes officiels.

Questions fréquentes

Comment embaucher un salarié étranger hors UE ?

Regardez d'abord son titre de séjour : certains permettent de travailler sans démarche (carte de résident, « vie privée et familiale », « talent »…), d'autres exigent une autorisation de travail pour chaque contrat (« salarié », « travailleur temporaire », « travailleur saisonnier »). Demandez l'autorisation en ligne si besoin, faites vérifier le titre par la préfecture 2 jours ouvrables avant l'embauche, puis faites la DPAE et les formalités habituelles.

Faut-il une autorisation de travail pour un étudiant étranger ?

Non, dans la limite de 964 heures par an (60 % de la durée annuelle de travail). Au-delà, l'autorisation est nécessaire, sauf pour un contrat d'apprentissage validé par l'OPCO. Vous faites une déclaration nominative à la préfecture 2 jours ouvrables avant l'embauche.

Combien coûte l'embauche d'un salarié étranger ?

En plus du salaire, qui ne peut pas être inférieur au SMIC ou au minimum conventionnel, une taxe employeur est due à la première admission au séjour : de 74 € à 300 € pour un contrat de plus de 3 mois et de moins de 12 mois, 55 % du salaire mensuel brut (2 567,15 € au plus) pour 12 mois ou plus, 50 € par mois pour un saisonnier.

Comment vérifier le titre de séjour d'un futur salarié ?

Saisissez la préfecture du département de votre établissement au moins 2 jours ouvrables avant l'embauche. Elle répond dans les 2 jours ouvrables ; sans réponse, votre obligation de vérification est remplie. La vérification n'est pas nécessaire si le candidat est inscrit comme demandeur d'emploi à France Travail.

Que risque l'employeur d'un étranger sans titre de travail ?

5 ans de prison et 30 000 € d'amende par étranger (150 000 € pour une société), une amende administrative pouvant atteindre 21 750 € par étranger (65 250 € en récidive), et des sanctions comme le remboursement d'aides publiques ou la fermeture temporaire de l'établissement.

Votre prochaine paie, sans y penser.

Mise en place offerte. Vous validez en un clic, purpay fait le reste.

On vous écrit sur WhatsApp. Mise en place offerte, sans engagement.